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Jeux coopératifs : la meilleure façon d'apprendre à perdre

Dans un jeu coopératif, tout le monde gagne ou tout le monde perd. La défaite existe, mais elle ne vise personne : c'est l'entraînement qu'il faut.

La rédactionPublié le

Photographie : des enfants jouant ensemble autour d’un plateau
Photographie Mumtahina Tanni · Pexels

Un jeu coopératif oppose les joueurs au jeu lui-même, pas les uns aux autres. On perd ensemble, ou on gagne ensemble. La défaite existe donc bel et bien, mais elle n’est pas infligée par quelqu’un : c’est exactement ce qui la rend supportable pour un enfant qui ne supporte pas de perdre.

C’est aussi ce qui en fait un entraînement et non un contournement. On ne supprime pas la défaite, on retire seulement l’humiliation qui l’accompagne.

Pourquoi perdre est si difficile

Perdre suppose de séparer le résultat d’une partie de sa propre valeur, ce qui n’a rien d’évident, et que beaucoup d’adultes ne font pas très bien non plus.

Chez les plus jeunes, cette séparation est rarement installée, et cela s’observe couramment jusque vers cinq ou six ans. Perdre veut dire être moins bon, devant témoins, souvent devant un adulte qu’on admire. La réaction, renverser le plateau, pleurer, refuser de finir, n’est pas un caprice : c’est ce que produit une situation qui n’est pas encore gérable.

Deux facteurs aggravent tout. La durée : plus la partie a été longue, plus la défaite coûte cher. Et l’écart : perdre de peu se supporte, se faire écraser non.

Ce que le coopératif change

Trois choses, très concrètes.

Personne n’est visé. La défaite vient du jeu, d’un dé, d’une carte. Il n’y a pas de vainqueur en face pour la rappeler.

On peut parler pendant la partie. Chacun donne son avis sur le coup à jouer. L’enfant entend un raisonnement à voix haute, ce qui est en soi un apprentissage, et il peut proposer sans risquer de se tromper seul.

Rejouer est immédiat. Une défaite collective donne envie de recommencer tout de suite pour y arriver. Une défaite individuelle donne souvent envie d’arrêter.

Le coopératif a une limite, et il faut la connaître : sans précaution, l’adulte ou l’aîné finit par décider de tout. L’enfant suit, et n’apprend rien. Le remède est simple : chacun joue son tour sans qu’on lui dise quoi faire, et on ne commente qu’après.

Le piège de laisser gagner

C’est le réflexe le plus répandu et le plus contre-productif.

L’enfant s’en aperçoit bien plus tôt qu’on ne le croit, souvent vers cinq ans. À partir de là, deux choses arrivent. La victoire ne vaut plus rien, parce qu’elle est donnée. Et l’incertitude disparaît, or c’est l’incertitude qui rend une partie intéressante.

Ce qui fonctionne, à la place :

  • choisir un jeu où le hasard pèse beaucoup, ce qui égalise honnêtement les chances ;
  • jouer en équipe, un adulte avec un enfant contre un autre binôme ;
  • donner un handicap annoncé plutôt que de tricher en douce : l’adulte commence avec moins, et tout le monde le sait.

Dans les trois cas, la victoire reste possible et reste vraie.

Quand revenir à un jeu de course

Le coopératif n’est pas une destination, c’est une étape. Deux signes indiquent que l’enfant est prêt à revenir à des jeux où l’on s’affronte.

Il perd sans que la partie s’arrête, même s’il n’est pas content. Et il redemande à rejouer juste après avoir perdu.

À ce moment-là, les jeux de parcours, de cartes et d’adresse redeviennent intéressants, et l’enfant y trouve quelque chose que le coopératif ne donne pas : le plaisir de gagner pour de bon. Les jeux de cartes classiques sont une bonne porte d’entrée, comme le détaille ce que la bataille apprend vraiment.

Rien n’oblige à choisir : les deux formats cohabitent très bien, et beaucoup de familles gardent un jeu coopératif pour les soirs où l’ambiance est fragile.

Jouer en fratrie d’âges différents

C’est là que le coopératif rend le plus service, parce que l’écart de niveau cesse d’être un problème.

Dans un jeu d’affrontement, un enfant de quatre ans face à un enfant de huit perd à chaque fois, et la partie n’a d’intérêt pour personne. Dans un jeu coopératif, l’aîné peut aider le plus jeune sans que cela fausse quoi que ce soit : aider fait partie du jeu.

Une seule règle à tenir : le plus jeune joue vraiment son tour. Sinon il devient spectateur, et il aurait autant valu ne pas l’installer à table.

Choisissez alors la difficulté sur le plus jeune, comme on choisit un premier jeu sur la durée d’un tour, ce que détaille premier jeu de société, lequel et à quel âge.

Voir aussi ce qui convient entre cinq et sept ans et le reste de la famille jeux de société.

Jouer : apprendre de ses erreursPubliée par yapakabe le , durée 4 minutes 53 secondes. Lien vérifié le .

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