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Déguisement : à quel âge ça devient un vrai jeu
Avant trois ans, se déguiser est un exercice d'habillage. Après, c'est un rôle qu'on tient, et le déguisement ne se choisit plus du tout pareil.
La rédactionPublié le

Il y a deux usages successifs sous le même mot. Avant trois ans, se déguiser consiste à enfiler quelque chose, et le plaisir est dans l’habillage lui-même. Après, le déguisement sert à tenir un rôle, et il n’a d’intérêt que s’il permet de jouer une histoire.
Ce basculement change complètement ce qu’il faut acheter. Un costume complet et fidèle est parfait pour le premier usage et souvent inutile pour le second.
Deux âges, deux usages
Vers deux ans, l’enfant met un chapeau, des chaussures trop grandes, un foulard. Il se regarde, se promène, enlève. Il ne joue pas encore un personnage : il expérimente le fait de changer d’apparence.
Vers trois ou quatre ans, le personnage apparaît. L’enfant annonce qui il est, et le déguisement devient un signal envoyé aux autres joueurs. Il suffit alors de très peu : une cape fait un super-héros, un chapeau fait un pirate.
Vers six ou sept ans, le costume redevient important, mais pour une autre raison : la ressemblance. L’enfant veut que ce soit exact, et il supporte mal l’à-peu-près.
Vers neuf ou dix ans, le déguisement se déplace vers l’événement, anniversaire, fête, spectacle, et devient occasionnel.
Le costume complet contre l’accessoire
C’est le vrai choix, et il n’est pas budgétaire.
Le costume complet enferme dans un seul personnage. Il est porté intensément quelques semaines, puis plus du tout, parce que l’enfant a changé d’obsession. Il vieillit aussi très vite en taille.
L’accessoire se recombine. Un chapeau, une cape, une ceinture, des lunettes, un sac : avec cinq éléments, l’enfant compose vingt personnages, et il en invente que vous n’auriez pas prévus.
C’est aussi une question de durée : une malle d’accessoires sert de trois à dix ans, quand un costume sert une saison.
Le compromis raisonnable, quand un enfant réclame un personnage précis : un costume, et une réserve d’accessoires à côté.
Ce qui se met et s’enlève seul
C’est le critère pratique le plus décisif, et il ne figure jamais sur l’emballage.
Un déguisement qu’il faut demander à un adulte d’enfiler ne se porte que lorsqu’un adulte est disponible, c’est-à-dire rarement. Un déguisement qui s’enfile seul se porte tous les jours.
Regardez donc : pas de fermeture dans le dos, pas de boutons minuscules, pas de laçage. Une encolure large, des scratchs plutôt que des agrafes, un élastique plutôt qu’une ceinture à boucler.
Regardez aussi comment cela s’enlève vite. Un enfant qui a chaud et qui ne peut pas retirer son costume l’associera à un mauvais moment.
Ce qui résiste à dix séances
Les déguisements du commerce se déchirent souvent au bout de quelques utilisations, parce qu’ils sont conçus pour une soirée.
Trois points font la différence : des coutures doublées aux épaules et aux emmanchures, qui sont les zones qui lâchent ; un tissu qui se lave en machine, car un déguisement porté vraiment se salit ; et une taille au-dessus, un déguisement trop grand se porte encore l’année suivante, l’inverse n’est pas vrai.
Le meilleur rapport durée sur prix reste souvent la récupération : chemise d’adulte, foulards, vieux sac, chapeau. C’est solide, lavable, gratuit, et cela laisse plus de place à l’invention qu’un costume sous licence qui arrive avec son histoire déjà écrite, comme c’est aussi le cas des marionnettes à personnage.
Le masque, et pourquoi il pose problème
Le masque est l’accessoire le plus demandé et le plus vite abandonné.
Il gêne la vision latérale, ce qui pose un vrai problème dès qu’on court ou qu’on descend un escalier. Il gêne la respiration et tient chaud. Et il empêche les autres joueurs de voir le visage, donc de comprendre ce que le personnage ressent, ce qui appauvrit le jeu.
Les enfants le retirent d’ailleurs très vite d’eux-mêmes, et le posent sur le haut du crâne.
Deux solutions valent mieux : le maquillage, à condition qu’il soit prévu pour la peau, ou un demi-masque qui laisse la bouche libre. Dans les deux cas, le visage reste expressif, et c’est lui qui porte le personnage.
Voir aussi ce qui convient entre trois et quatre ans, entre cinq et sept ans, et le reste de la famille jeux d’imitation.
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