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5-7 ANS8-11 ANSJeux de société

Jeux de mots : à partir de quel âge un enfant peut suivre

Un jeu de lettres n'attend pas que l'enfant lise. Il attend qu'il entende les sons, ce qui arrive nettement plus tôt qu'on ne le croit.

La rédactionPublié le

Photographie : des cubes en bois portant des lettres
Photographie Atlantic Ambience · Pexels

On attend souvent que l’enfant sache lire pour sortir un jeu de lettres. C’est une erreur de calendrier : les jeux qui portent sur les sons se jouent bien avant, dès quatre ou cinq ans, et ce sont eux qui préparent le mieux la lecture.

La lecture demande de relier un signe écrit à un son. Un enfant qui a beaucoup joué avec les sons arrive donc à l’écrit avec la moitié du travail déjà fait, sans avoir jamais eu l’impression de travailler.

Entendre avant de lire

La première compétence n’est pas de reconnaître une lettre, c’est de découper un mot en sons.

Cela se vérifie très simplement. Demandez ce qu’on entend au début de « bateau ». Un enfant qui répond « b » entend les sons séparément. Un enfant qui répond « bateau » ne les a pas encore dissociés, et aucun jeu de lettres écrites ne lui servira pour l’instant.

Cette découpe s’installe entre quatre et six ans, très progressivement, et elle se travaille en parlant, pas en écrivant.

Les jeux qui marchent avant la lecture

Ils ne demandent aucun matériel, ce qui explique qu’on les oublie.

Le jeu des premières lettres. « Je vois quelque chose qui commence par f. » Se joue en voiture, dans une file d’attente, partout.

Les rimes. Trouver un mot qui finit comme « chapeau ». C’est l’exercice le plus utile de tous, parce qu’il oblige à écouter la fin des mots, ce que l’orthographe française rend ensuite indispensable.

Le mot le plus long. Non pas pour compter les lettres, mais pour sentir que les mots ont des tailles différentes.

Les syllabes tapées. Frapper dans les mains une fois par syllabe. C’est physique, donc très accessible aux plus jeunes.

Ces jeux se pratiquent dès quatre ans, et ils restent utiles bien après.

Le passage aux lettres écrites

Vers six ou sept ans, quand la lecture démarre, les lettres physiques deviennent intéressantes : cubes, jetons, cartes.

L’avantage du matériel manipulable est qu’il permet de se tromper sans conséquence. On pose une lettre, on regarde, on la déplace. Écrire, à l’inverse, engage : il faut gommer, la feuille se salit, et l’enfant se décourage.

À ce stade, préférez les jeux où l’on compose plutôt que ceux où l’on devine. Former un mot avec des lettres devant soi est très différent de retrouver un mot caché, qui suppose déjà une bonne réserve de vocabulaire.

Les jeux de lettres classiques deviennent réellement jouables vers huit ou neuf ans, souvent dans une version simplifiée : moins de lettres, pas de comptage de points, et un dictionnaire ouvert sur la table sans que ce soit une faute.

Ce qui bloque une partie

Trois choses, et elles se règlent facilement.

Le comptage des points. Il transforme un jeu de mots en jeu de calcul, et double la durée d’un tour. Se jouer sans points est parfaitement possible et souvent plus amusant.

L’écart de vocabulaire. Un adulte a toujours plus de mots. Sans réglage, la partie est perdue d’avance et l’enfant le sait dès le début. Les correctifs qui marchent : l’adulte joue avec moins de lettres, ou doit utiliser toutes celles qu’il tire.

La faute d’orthographe. Refuser un mot mal orthographié arrête le jeu et humilie. Mieux vaut l’accepter et corriger ensuite, en le posant correctement à côté, sans commentaire.

Jouer avec un adulte sans l’écraser

C’est la vraie difficulté de cette famille de jeux, davantage que l’âge.

Trois solutions fonctionnent. Le handicap annoncé : l’adulte joue avec une contrainte connue de tous, et non en se retenant en douce, ce qui se voit toujours. L’équipe mixte : un adulte et un enfant contre un autre binôme, ce qui permet de réfléchir à voix haute et d’apprendre en jouant. Le jeu contre le jeu : on cherche ensemble à battre un score, ce qui retire complètement la question de perdre, développée dans jeux coopératifs, la meilleure façon d’apprendre à perdre.

Et comme pour les cartes, le meilleur matériel est souvent le plus simple, ainsi que le montre ce que la bataille apprend vraiment.

Voir aussi ce qui convient entre cinq et sept ans et le reste de la famille jeux de société.


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