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12-18 M2 ANSJeux d'éveil

Chariot de marche : quand il aide, quand il gêne

Un chariot n'apprend pas à marcher, il accompagne un enfant qui marche déjà presque. Donné trop tôt, il fait exactement l'inverse.

La rédactionPublié le

Photographie : un chariot de marche en bois poussé par un enfant
Photographie Ivan S · Pexels

Un chariot de marche sert quand l’enfant se met debout seul et fait ses premiers pas en tenant un appui. À ce moment-là, il donne un appui mobile, et l’enfant s’entraîne. Avant, il fait autre chose : il traîne un enfant qui n’a pas encore l’équilibre, et qui suit son chariot au lieu de le conduire.

C’est la différence entre accompagner et devancer. Un chariot n’accélère pas la marche, il donne un terrain d’exercice à celui qui y est déjà presque.

Ce qu’un chariot fait, et ce qu’il ne fait pas

Il fait trois choses.

Il donne un appui à la bonne hauteur, ce que les meubles de la maison ne font pas toujours, et il permet de longer une pièce entière au lieu d’aller de canapé en table basse.

Il rend le déplacement intéressant en soi : on transporte des objets, on va les chercher ailleurs, on revient. Beaucoup de premiers pas se font pour aller chercher quelque chose, pas pour marcher.

Il freine ou il ne freine pas, et c’est là que se joue l’essentiel.

Ce qu’il ne fait pas : muscler, corriger une démarche, ou faire marcher plus tôt. La marche arrive quand elle arrive.

Le signe qu’il est trop tôt

Un enfant qui n’a pas encore l’équilibre debout se penche en avant, pousse, et le chariot part plus vite que lui. Il finit à plat ventre, ou suspendu à la barre, les pieds traînant derrière.

Trois signes doivent faire remiser l’objet quelques semaines : l’enfant se tient à la barre en étant presque à l’horizontale, le chariot part tout seul au moindre appui, ou l’enfant ne le lâche jamais et refuse de marcher sans.

Il n’y a aucun inconvénient à attendre. Un chariot rangé un mois de plus ne fait perdre à personne quoi que ce soit.

Le poids, le frein, les roues

Ce sont les trois critères qui décident, et aucun n’est visible sur une photo.

Le poids. Un chariot léger part au moindre appui. Un chariot lourd, ou lesté, résiste et fait office de véritable point d’appui. C’est le premier critère, avant l’esthétique. Beaucoup de familles lestent d’ailleurs un chariot trop léger en y mettant des livres ou des cubes, ce qui est exactement le bon réflexe.

Le frein. Les meilleurs modèles ont une molette qui durcit la rotation des roues arrière. On serre au début, on desserre à mesure que l’enfant assure. Sans frein réglable, il ne reste que le lestage.

Les roues. Larges, avec une bande souple, elles accrochent sur le carrelage et ne rayent pas le parquet. Des roues dures et fines glissent, et sur un sol lisse c’est un chariot qui échappe.

Chariot ou porteur

Ce sont deux objets successifs, pas deux versions du même.

Le chariot se pousse debout. Il sert avant et pendant les premiers pas.

Le porteur, sur lequel l’enfant s’assoit et avance avec les pieds, suppose de savoir déjà s’asseoir, monter, descendre et se diriger. Il arrive après, souvent vers dix-huit mois ou deux ans, et il dure beaucoup plus longtemps.

Les modèles qui prétendent faire les deux imposent en général un compromis : trop haut pour être poussé confortablement, ou trop bas pour être chevauché longtemps. Si le budget ne permet qu’un objet, le porteur dure plus longtemps ; le chariot, lui, sert pendant une fenêtre courte, comme l’animal à bascule.

Ce qu’il devient ensuite

Un bon chariot ne se range pas quand la marche est acquise, il change de rôle.

Il devient un transporteur : on y met des cubes, des peluches, des courses imaginaires, et on les déplace d’une pièce à l’autre. Ce jeu-là dure souvent jusqu’à trois ans.

S’il a un plateau, il sert de table basse improvisée ou de support de construction.

Et il finit rangement mobile, ce qui est une manière commode de faire ranger : ramasser en poussant est nettement plus attractif que ramasser à genoux. C’est le même principe que celui décrit dans le meuble qui décide du rangement.

La suite dépend de ce que l’enfant sait faire : voir entre douze et dix-huit mois et le reste de la famille jeux d’éveil.


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