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Jouets musicaux : ce qui fait de la musique et ce qui fait du bruit
Un jouet qui joue une mélodie tout seul occupe l'enfant une semaine. Un instrument qu'il fait sonner lui-même dure des années.
La rédactionPublié le

Il y a deux objets sous le même rayon, et ils ne font pas le même travail. D’un côté, le jouet qui produit un son quand on appuie : l’enfant déclenche, le jouet joue. De l’autre, l’instrument où le son dépend du geste : plus fort si on tape plus fort, plus aigu si on tape ailleurs.
Le premier occupe quelques jours et lasse. Le second se garde des années, parce que ce que l’enfant y apprend ne s’épuise pas : c’est lui qui fait le son.
La différence qui décide de tout
Un bouton qui déclenche une mélodie enregistrée enseigne une seule chose : appuyer produit un effet. C’est utile vers huit ou dix mois, quand la cause et l’effet sont une découverte. Passé ce stade, il n’y a plus rien à explorer, parce que le résultat ne change jamais.
Un tambour, un xylophone, un grelot répondent au contraire à chaque nuance du geste. L’enfant tape doucement, puis fort ; au centre, puis au bord. Il y a toujours quelque chose de plus à essayer.
Le test, avant d’acheter : est-ce que le son change selon la façon dont on s’y prend ? Si la réponse est non, c’est un jouet à effet, pas un instrument.
Ce qui vient en premier : la percussion
Avant deux ans, tout instrument est une percussion, parce que le geste disponible est de frapper et de secouer.
Le hochet puis le maracas viennent d’abord : secouer est plus simple que frapper.
Le tambour ou une simple boîte tendue vient ensuite, et c’est souvent le premier instrument où l’enfant règle vraiment son geste.
Le xylophone arrive un peu après, parce qu’il demande de viser une lame précise avec une baguette. C’est aussi le premier où l’enfant entend que les sons ne sont pas interchangeables : il y a des graves et des aigus, rangés dans un ordre.
À ce stade, on ne cherche pas la justesse. On cherche que le geste et le son soient liés.
Le volume, et le bouton qui manque
C’est le point le plus concret de cet article, et celui qui décide si le jouet reste dans la maison.
Beaucoup de jouets sonores n’ont aucun réglage de volume, ou seulement deux positions dont la plus basse est déjà forte. Un objet trop bruyant est rangé en haut d’une armoire par un adulte excédé, et il ne sert donc plus.
Avant d’acheter, cherchez la molette. Si elle n’existe pas, deux solutions de rattrapage existent et fonctionnent : un morceau de ruban adhésif sur le haut-parleur, ou du feutre collé sous les baguettes d’un xylophone.
Un instrument acoustique, lui, se règle tout seul : c’est l’enfant qui décide de la force, et il apprend justement à moduler. C’est un argument de plus en sa faveur.
L’instrument qu’on garde longtemps
Trois qualités reviennent chez ceux qui survivent à plusieurs enfants.
Il sonne juste. Un xylophone dont les lames ne sont pas accordées produit un son désagréable, et l’oreille s’y habitue. À prix égal, mieux vaut moins de lames et qu’elles soient justes.
Il n’a pas de pile. Rien à remplacer, rien à ouvrir, aucun jour où il ne fonctionne plus.
Il supporte d’être frappé fort. C’est ce qui va lui arriver. Le bois massif et le métal tiennent, le plastique fin se fend.
Une remarque, valable pour tout le rayon : les petites pièces (baguettes courtes, grelots, petits éléments détachables) demandent de vérifier la mention d’âge, comme le rappelle ce que veut dire le 3+ sur une boîte de jouet.
Quand passer à un vrai instrument
Il n’y a pas d’âge fixe, mais un signe : l’enfant répète volontairement la même chose. Il refait une suite de notes, cherche à la retrouver, s’agace quand il se trompe. Cela veut dire qu’il entend un résultat visé, et pas seulement qu’il produit du son.
Cela arrive souvent vers cinq ou six ans, parfois plus tôt. À ce moment-là, un instrument d’entrée de gamme mais vrai, un ukulélé, une flûte, un petit clavier, apporte ce qu’un jouet ne peut plus donner.
Rien ne presse. Un enfant qui a beaucoup tapé, secoué et écouté arrive à un vrai instrument avec une oreille déjà exercée, ce qui vaut mieux qu’un instrument sérieux donné trop tôt et abandonné.
La suite dépend de ce que l’enfant sait faire : voir ce qui convient à deux ans, entre trois et quatre ans, et le reste de la famille jeux d’éveil.
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